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Une douche par jour ?

Douche PixabayVous prenez une douche par jour, parfois deux en été quand il fait très chaud ? C'est un luxe dont nous avons tous pris l'habitude, au fil des années, avec la sophistication des salles de bains et l'avènement de notre ère d'hyper-consommation. Et cependant, à l'heure où l'on fait le bilan carbone de tous nos gestes, n'est-il pas temps de revoir nos habitudes même au niveau de notre hygiène corporelle ? Notre peau n'est pas faite pour être récurée deux fois par jour. Ce faisant, on enlève sa protection naturelle (constitué par son microbiote) et elle est alors plus vulnérable à toutes sortes d'intrants comme la pollution, les rayons du soleil, les allergènes ...

Souvenez-vous, particulièrement si vous avez plus de 50 ans : dans les années 70-80 on avait droit à un bain, voire deux, par semaine et c'était le moment où l'on pouvait se laver les cheveux. Nos salles de bains à l'époque n'étaient bien souvent pas équipées d'une cabine de douche, mais juste d'une baignoire avec douchette. Les gels douche n'existaient pas, encore moins les après-shampoing et autres crèmes et baumes pour cheveux.

Et cependant, étions-nous moins propres pour autant ? Sentions-nous mauvais ? Non : personne ne se plaignait.

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Alors que c'est-il passé ? Qu'est-ce qui nous a poussés à remplir nos salles de bains de tant de produits et accessoires, souvent inutiles, pour prendre soin de notre corps ?

Tentative d'explication

Sans doute avons-nous un peu trop suivi les dictas de la mode, les médias, la publicité.  Avec l'arrivée de la télévision et déjà même de la radio, nous avons laissé la publicité pénétrer dans nos maisons, notre intimité. Ensuite, depuis l'avènement du numérique ça a été encore pire : nous sommes inondés de propositions et d'informations dont il est de plus en plus difficile d'identifier la fiabilité. Plus récemment s'y sont ajoutés les "influenceurs" et autres "blogeurs" dont nous suivons les gestes avec attention sur Youtube, Twitter et Instagram ...

Mais d'où vient donc ce besoin d'imitation, ce besoin d'identification que nous avons et qui nous pousse à nous chercher sans cesse des modèles à suivre, à à "liker", à "follower" ? 

Tout cela nous a menés à courir sans cesse après quelque chose. On veut "toujours plus" et "toujours mieux". Il faut avoir les cheveux parfaitement coiffés, parfaitement lisses, impeccables... ressembler à la dernière lolita en vogue, avoir les ongles peints, quand ils ne sont pas carrément extravaguants, super longs ou hyper décorés. Nous allons chez l'esthéticienne une fois par mois, la pédicure, la manucure, chez le coiffeur une fois par semaine... Nous ne supportons plus aucune imperfection : notre époque est celle du paraître et non de l'être.  Nous voulons tous être des poupées mannequins, des bimbos et sommes parfois prêts à toutes les extrémités ressembler à nos idoles. 

Alors on fait les boutiques, et on sur-consomme : on achète des tonnes de produits : pour se démaquiller, pour se maquiller, pour nourrir sa peau (desséchée justement sans doute d'avoir été trop agressée), pour se parfumer, se désodoriser, se doucher, se pré-shampouiner, se shampouiner, s'épiler, etc. On remplit nos salles de bains de tous ces produits dont on nous vante les effets censés remédier à tel ou tel problème, soulignant qu'en effet tel ou tel défaut a son remède, alors nous pensons que ceux-ci sont inacceptables, nous achetons le produit pour y remédier, qui ne marche pas toujours sans songer qu'à suivre cette voie, l'image que nous nous renvoyons de nous-même en prend un coup...  Car bien sûr, tous ces produits ne fonctionnent jamais assez bien.

Pour s'habiller c'est pareil, on ne met pas le même chemisier plus d'un jour, il faut si possible avoir une garde-robe suffisante pour qu'on ne se rappelle plus si le pantalon ou le pull que vous portez, vous l'avez déjà porté ou pas. Il ne faut surtout pas porter ses vêtements d'une année à l'autre, sous prétexte qu'ils sont forcément démodés ... Quel gaspillage dramatique ! Après les soldes deux fois par an, on a inventé "les soldes de mi-saison", les "prix d'ami", les "1+1 gratuit", le "black friday", ... Toutes ces actions sont destinées à une seule chose : nous faire ACHETER, CONSOMMER, encore et encore...

Et on est priés de s'exécuter, on nous affirme que la santé de notre économie est à ce prix. Si on ne consomme plus, tout s'écroule... moins d'achats, moins d'emploi, plus de faillite et une économie en berne... Le prétexte de la croissance nous a fait perdre le sens des réalités, et particulièrement notre empathie avec la terre qui nous nourrit, qui est unique, et qui est bien malmenée et oubliée dans cette course malsaine. Il est temps qu'on se rende compte qu'il n'y a pas de terre de réserve, et qu'à force de sur-consommer, on va finir par l'épuiser... irrémédiablement.

Ébauche de solution

Personnellement j'ai décidé il y a 8 ans déjà de devenir consom'acteur. J'ai arrêté de me teindre les cheveux. La plupart du temps je ne mets plus rien sur ma peau : ni maquillage, ni crème, ni autre "camouflage". Plus de déo, j'utilise un dentifrice maison. Je suis en train de passer au shampoing sec et j'utilise mon gel douche maison (au savon d'Alep). Je ne prends une douche qu'un jour sur deux en utilisant la méthode marche-arrêt-marche (je me mouille, je me savonne, je me rince) pour économiser l'eau. J'ai réhabilité la bonne veille "toilette lavabo" de mon enfance et 1 jour sur deux, je me lave au savon et au gant de toilette. C'est économique en eau, rapide et efficace si l'on va à l'essentiel. Je ne me maquille plus qu'en de très rares occasions (nouvel an, sortie resto chic, opéra, théâtre...). Je n'utilise plus que du savon et un gant de toilette pour me démaquiller le visage et pour les yeux, de l'eau micellaire bio et une lingette récup maison, ou une lingette démaquillante H2O®.

Enfin, je garde mes vêtements jusqu'à ce qu'ils soient usés : je me soucie très peu de la mode et Je porte ce que j'aime, ce que je trouve beau, ce qui me fait plaisir. Je n'achète que rarement des vêtements et ils sont plutôt classiques, faciles à assortir. J'en couds certains, et si je dois vraiment acheter un vêtement, je planifie toujours mes achats et je les réfléchis objectivement en fonction de ma garde-robe, de ce que j'ai à remplacer et/ou à assortir. Je me suis désolidarisée du regard des autres et je ne compte plus que sur mon appréciation, ma créativité et mes envies pour m'habiller.

Résultat : gain de temps, gain d'argent, gain en estime de soi et enfin, gain pour la terre car avec ces quelques gestes, j'ai commencé il y a longtemps déjà à diminuer mon empreinte carbone. Et comme dans l'histoire du colibri, je fais ma part...

Pas encore tout à fait convaincu ? Alors cette vidéo devrait achever de vous convaincre ...

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