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Composter quand on n'a pas de jardin

Vermicompostage (lombricompostage) ou Bokashi

Eh oui, si vous n’avez ni jardin, ni terrasse et que vous habitez dans un appartement, ou sur un bateau, dans une caravane, une tiny house, pas d’excuse : vous pouvez composter.

Il existe deux méthodes actuellement : le vermicompostage ou lombricompostage, dont l'acteur principal est le ver à compost, et le compost Bokahi, une méthode qui nous vient du Japon et qui utilise des bactéries semblablese à celles de la lactofermentation.

Le vermicompostage

Ce sont les vers à compost ou vers à fumier (Eisenia fetida) qui, se nourrissant de matière organique en décomposition, sont les principaux acteurs du vermicompostage. Je donc préfère personnellement utiliser le terme de vermicompostage à celui de lombricompostage car ce dernier fait penser aux lombrics vers de terre (Lumbricus terrestris) et ce ne sont pas eux les acteurs du compostage. Les vers de terre et les vers à compost appartiennent cependant au même sous-ordre de vers des Lumbricina et à la même famille des Lumbricidae.

 

Ver à compost (Eisenia fetida)

Ver de terre (Lumbricus terrestris)

Nourriture

Matière organique en décomposition

Terre

Odeur

Forte odeur d'humus

Odeur de terre

Aspect

Couleur plutôt rouge
Anneaux bien marqués

Couleur plutôt brun-marron
Anneaux plus effacés

Longueur

environ 4-5 cm

jusqu’à 10 cm et plus

Epaisseur

2-3 mm

jusqu’à 7mm

  MV Comp EiseniaFetida WC RobHille CCBY SA3.0

MV LumbrucusTerrestris WC RobHille CCBySA3.0

Le vermicompostage se fait impérativement à l’intérieur, en tout cas en hiver, car les vers ont besoin d’une température d’environ 15°. Dans un compost extérieur, le volume est généralement suffisant pour que les vers puissent s’enfouir afin de se protéger du froid. Dans une vermicompostière, le substrat plus aqueux, la plus petite taille du bac ainsi que ses parois plus minces ne suffiront pas à isoler les vers du froid.

Les acteurs du vermicompostage sont globalement les mêmes que ceux du compostage : champignons, bactéries et vers. Les vers devront bien sûr être amenés dans le bac, car vu que ce dernier sera à l’intérieur, ils n’y viendront pas tous seuls.

Si vous n’avez pas de vers à compost, surtout n’en achetez pas. J’ai vu qu’on en vendait sur Internet, mais c’est vraiment une arnaque. C’est comme si on tentait de vous vendre de l’air ou de l’eau de pluie.

Cherchez plutôt autour de vous quelqu’un qui composte déjà et à qui vous pourrez demander quelques vers. La quantité nécessaire pour démarrer dépend de la taille de votre vermicompostière. Je dirais que deux poignées devraient suffire pour une vermicompostière faite de bacs de 40 x 60 cm sur 30 de haut (comme celle que je vous propose de fabriquer sur ce site).

Si vous ne trouvez personne qui composte mais que vous habitez en Belgique, renseignez-vous auprès de votre commune qui pourra probablement vous donner le nom d’un maître-composteur, comme moi, qui pourra vous donner des vers gratuitement.

Dans ce cas, prenez les vers avec un peu du compost qu’ils ont autour d’eux, cela servira de litière de départ.

Sinon, les vers à compost se trouvent facilement dans la nature, dans les petits tas de feuilles en décomposition qui s’amassent dans les coins des terrasses ou allées de garage pas trop entretenues par exemple.

Je rappelle que les vers à compost ne sont pas des vers de terre, inutile donc de creuser votre pelouse ou vos parterres, vous ne capturerez pas les bons vers !

Allez on se lance !

Bon d’accord, il faut  bien avouer que le vermicompostage est plus délicat que le compostage en plein air… Voici les étapes à respecter afin d’éviter au maximum un échec :

  1. Installation de la vermicompostière et des vers. On met les vers dans le bac du milieu, si possible avec une litière de départ (un peu de compost mi-mûr). On peut composer une première couche de litière à l’aide de papier jMV Littière Vermicompost WM QuadellCCBY3.0ournal : 1 feuille de papier posée au fond du bac du milieu ensuite des petits morceaux découpés en carrés de 2 x 2 cm jusqu’à obtenir une couche de 2cm d’épaisseur environ. Humidifier et déposer les vers et leur litière de compost mi-mûr sur cette première litière.

  2. Pendant 2-3 semaines de repos, on n’alimente pas encore la vermicompostière afin de permettre aux vers de s’adapter.

  3. Pendant 4 à 5 semaines de lancement, on donne par exemple 1 poignée de feuille de salade coupée en petits morceaux la première semaine. Si la salade disparaît, on peut alors augmenter progressivement les quantités dans les semaines qui suivent en continuant avec de la salade et en ajoutant de plus en plus de déchets végétaux « légers » coupés en petits morceaux (5 cm maximum) c'est-à-dire qui contiennent beaucoup d’eau (concombre, carottes, …).

Il faut surtout éviter d’alimenter trop et trop vite la vermicompostière, ce qui est une source fréquente d’échecs.

  1. A partir de la 6ème semaine, la vermicompostière peut être utilisée « à plein rendement. Il faut cependant veiller à ne jamais la surcharger  pour laisser l’air circuler et à toujours l’alimenter progressivement.

  2. Après trois mois, les vers seront tout à fait à l’aise et commenceront à se reproduire.

Quand on voit que tout disparaît au fur et à mesure, cela signifie que le vermicompostage est bien lancé, et l’on peut rajouter des déchets plus lourds comme les pelures d’agrumes (toujours en petites quantités, on teste un peu à la fois au début). Les vers raffolent également des pelures de bananes  et des sachets de thé ou café (dosettes) en papier (sans agrafe, sans ficelle, sans papier souvent imprimé avec des encres toxiques). Après 6 semaines on peut également ajouter des pelures diverses plus épaisses telles que pommes de terre, kiwi, avocat, feuilles de chou, etc.

On peut aussi placer de temps en temps des matières plus sèches comme les essuie-tout, les kleenex, boîtes à œufs en carton reconstitué (coupé en petit morceaux), papier journal, etc. Pas de papier imprimés brillants (genre folders publicitaires de magasins et certains toutes boîtes) qui pourraient contenir des encres nocives pour les vers, ou du plastique.

Tous les 4 mois il faut inverser les bacs pour permettre une bonne circulation des vers et de l’air. Remuer de temps en temps doucement la litière pour bien répartir les vers.

Enfin, pour éviter que le compost ne devienne trop acide, ajouter de temps en temps (toutes les 4 semaines environ) quelques coquilles d’œuf broyées.

Il faut aussi accepter que la vermicompostière ne puisse absorber la totalité de vos déchets verts et ne pas tenter de la surcharger, auquel cas vous risquez des odeurs car les vers n’auront pas le temps de tout manger avant que cela ne pourrisse.

En cas de surplus, pensez au compostage collectif (de quartier), à un voisin, un ami qui compostent en plein air. Dans certaines communes, il y a également des collectes sélectives au porte-à-porte qui sont organisées pour les déchets verts. Renseignez-vous !

Ou installer votre vermicompostière

L’idéal est évidemment dans votre cuisine, sous un plan de travail. Il faut veiller à ce qu’il y ait assez d’espace entre le plan de travail et le couvercle de la vermicompostière pour que vous puissiez facilement le soulever et y mettre vos déchets. Inutile de mélanger : vous risquez de perturber les vers qui viendront de toute façon chercher la nourriture en surface dès que vous aurez refermé le couvercle. 

Evitez de mettre votre vermicompostière près d’un appareil qui chauffe (four), qui vibre (lave-vaisselle) ou qui refroidit (congélateur). Les vers supportent des températures de 15 à 25°. Comme ils sont enfermés dans leur boîte, il faut veiller à ne pas dépasser une température de 35° au risque de les voir mourir, et les maintenir au-dessus de 15° sinon ils risquent d’être de moins en moins efficaces et finalement de mourir.

Enfin, pour rappel, la vermicompostière ne doit pas être exposée au gel, ni au soleil. Même un pâle soleil d’hiver peut faire rapidement monter la température, faire se dessécher le substrat et entraîner la mort des vers. Rappelez-vous qu’outre de l’air, il faut également de l’humidité au compost pour bien fonctionner.

Utilisation du vermicompost et du percolât

Le résultat du compostage en appartement est également différent de celui du compostage en plein air : le vermicompostage produit deux substrats différents : l’un liquide, qu’on appelle le percolât et le vermicompost, plus solide, qui est composé des matières résiduelles que les vers, bactéries et champignons n’ont pas (encore) totalement dégradées.

Le percolât se récolte au fur et à mesure des besoins et de sa « production » à l’aide du petit robinet du dernier bac (celui qui est sur le sol). Une fois tous les 8-10 mois, lors du nettoyage de la vermicompostière, on récolte le vermicompost pour l’utiliser dans les jardinières.

Le percolât s’utilise au fur et à mesure des besoins, et est un merveilleux engrais pour plantes d’appartement ou balconnières. Il faut le diluer à raison de 1 volume pour 9 volumes d’eau.

Le vermicompost peut être mélangé au terreau dans vos jardinières (un tiers de vermicompost pour 2 tiers de terreau).

Nettoyage de la vermicompostière

Tous les 8-10 mois il faut nettoyer votre vermicompostière. Il faut d’abord la vider : récupérer les vers qui se trouvent dans les deux bacs du dessus, les séparer du vermicompost qui sera utilisé dans les balconnières. Vider le bac du dessous du percolât qui s’y trouve. Garder les vers dans un petit bac plastique opaque avec couvercle dans la même pièce que là où se trouve habituellement la vermicompostière, à la même température pour ne pas trop les perturber. Cela accélèrera leur ré-acclimatation une fois le bac nettoyé.

Si vous avez une vermicompostière maison fabriquée à l’aide de nos explications (ci-dessous, nettoyez d’abord les trois bacs en les rinçant à l’eau, ce qui devrait suffire. Attention à n’utiliser aucun produit d’entretien du commerce et surtout pas de javel bien entendu. Au besoin, un peu de vinaigre ou une éponge et votre pierre d’argile pour les endroits forts encrassés. Détartrer le robinet au vinaigre chaud. Rincer la moustiquaire, au besoin la remplacer (si elle est en tissu il se peut qu’elle s’abîme à la longue).

Remonter correctement la vermicompostière en suivant  le schéma de l’explication (ou le mode d’emploi du fabricant), sans oublier la moustiquaire, et replacer les vers dans le bac du milieu.

Après cela, suivre à nouveau le processus d’installation en 5 étapes décrit ci-dessus (voir section « Allez on se lance ! »). Si on a gardé les vers dans la même pièce, à la même température et qu’on ne les a  pas trop perturbés, on pourra réduire l’étape 1 à une semaine, supprimer l’étape 2 et raccourcir l’étape 3.

Tutoriel : Fabriquer sa vermicompostière

Brochure éditée par l'IBGE (2004) : Guide pratique du vermicompostage

Le compost BOKASHI

Une autre méthode de compostage sans jardin est apparue récemment en Belgique : le compost Bokashi. Cette méthode, qui nous vient du Japon, utilise uniquement des bactéries comme acteurs du compost.  Plus facile à réaliser que le vermicompostage, il paraît qu'il est absolument sans odeurs. Le "starter-skit" BOKASHI est tout de même vendu à près de 70€ sur le site belge de référence. Il faut ajouter à cela l'activateur de compost Bokashi, vendu à 7,50€ pour 2 kilos (dure environ 6 mois pour un ménage de 4 personnes). 

J'ai suivi une formation BOKASHI d'une après-midi qui était organisée par l'ASBL WORMS à Bruxelles en octobre 2020. Notre formatrice, Stéphanie GAO, a lancé sa propre société belge Bokashi Compost afin de distribuer les compostière Bokashi en Belgique et dispenser les formations gratuites par le biais de l'ASBL WORMS, et payantes si l'on s'adresse à elle directement.

Pour plus d'informations, comme je n'ai pas expérimenté le système, je vous renvoie à la brochure que j'ai reçue à la formation ainsi qu'à son site internet.

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